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Griller un stop : combien de points perd-on sur son permis ?

Griller un stop : combien de points perd-on sur son permis ?

Griller un stop : combien de points perd-on sur son permis ?

Un stop se profile à une intersection, la route semble dégagée et personne n’arrive. Alors, on ralentit… mais on ne s’arrête pas vraiment. Ce petit « stop glissé » peut sembler sans conséquence. Pourtant, le Code de la route est clair : ne pas marquer l’arrêt imposé par un panneau stop entraîne une contravention et le retrait de points.

Combien de points risque-t-on exactement ? Que se passe-t-il si l’infraction est constatée par les forces de l’ordre ? Et peut-on récupérer les points perdus ? Voici les règles à connaître pour éviter qu’un arrêt manqué ne vous coûte cher.

Griller un stop : un retrait de 4 points

Le non-respect d’un stop entraîne le retrait de 4 points sur le permis de conduire. Il s’agit d’une contravention de 4e classe, prévue par le Code de la route. La sanction s’applique aussi bien à un conducteur qui ne s’arrête pas du tout qu’à celui qui ralentit fortement sans immobiliser son véhicule.

En clair, ralentir ne suffit pas : les roues doivent s’arrêter. Un passage au pas, même si la visibilité semble bonne et qu’aucun véhicule n’est en vue, constitue une infraction. Le panneau stop ne vous demande pas de vérifier rapidement si la voie est libre, mais de marquer un véritable temps d’arrêt avant de repartir.

Quatre points, c’est une perte importante, surtout si votre solde est déjà bas. Pour un conducteur en période probatoire qui dispose de 6 points au départ, cette infraction peut réduire le capital à 2 points. Une raison de plus pour ne pas traiter le stop comme une simple recommandation.

Quel montant pour l’amende ?

Griller un stop entraîne également une amende forfaitaire de 135 euros. Son montant peut varier selon le délai de paiement :

Dans certaines situations, notamment en cas de contestation ou de passage devant le tribunal, le montant peut être fixé par le juge, dans les limites prévues pour une contravention de 4e classe. Une suspension du permis peut aussi être prononcée à titre complémentaire. Elle n’est pas automatique, mais l’infraction peut donc avoir des conséquences au-delà de l’amende et des points.

Attention : payer l’amende forfaitaire vaut en principe reconnaissance de l’infraction et rend la procédure définitive. Les points ne sont généralement pas retirés au moment précis où l’agent vous remet l’avis, mais après que l’infraction est devenue définitive, par exemple à la suite du paiement ou d’une décision de justice devenue définitive.

Que signifie réellement « marquer l’arrêt » ?

À un stop, le véhicule doit être immobilisé à l’endroit prévu. Si une ligne blanche continue est tracée au sol, l’arrêt se fait au niveau de cette ligne, avant de la franchir. En l’absence de ligne, il faut s’arrêter à hauteur du panneau, à l’endroit qui permet ensuite d’observer la circulation sans gêner les autres usagers.

Après l’arrêt, le conducteur doit céder le passage aux véhicules qui circulent sur la route abordée. Il peut ensuite s’engager lorsque la manœuvre ne présente pas de danger. Si la visibilité est mauvaise, il est possible de s’avancer prudemment après l’arrêt initial pour mieux voir, puis de s’immobiliser à nouveau si nécessaire avant de traverser.

Le bon réflexe est donc simple : arrêt complet, observation, puis redémarrage uniquement lorsque la voie est libre. À vélo comme au volant, le panneau stop impose lui aussi un arrêt. Les règles ne changent pas parce qu’on est pressé, parce qu’on connaît l’intersection par cœur ou parce qu’on ne voit personne arriver.

Comment l’infraction peut-elle être constatée ?

Un stop grillé peut être constaté directement par un agent des forces de l’ordre, par exemple lors d’un contrôle à une intersection. Les policiers ou les gendarmes peuvent aussi relever l’infraction par procès-verbal électronique. Le fait de ne pas avoir été arrêté immédiatement ne signifie donc pas nécessairement que l’infraction ne sera pas verbalisée.

En revanche, il ne faut pas confondre les radars de vitesse avec un dispositif de contrôle des stops. Les radars classiques ne mesurent pas le respect de l’arrêt obligatoire. Selon les lieux et les équipements en place, d’autres moyens de constatation peuvent toutefois exister : mieux vaut donc appliquer la règle, plutôt que compter sur l’absence d’un contrôle visible.

Si vous recevez un avis de contravention et estimez qu’il y a une erreur, lisez attentivement les modalités de contestation et les délais indiqués. Évitez de payer avant d’avoir vérifié la procédure : le paiement peut rendre plus difficile, voire empêcher, la contestation de l’infraction. Si la situation est complexe, demandez conseil à un professionnel du droit routier.

Quand les 4 points sont-ils retirés ?

Le retrait de points n’est pas toujours visible immédiatement sur votre relevé. Il intervient lorsque l’infraction est juridiquement établie : paiement de l’amende forfaitaire, émission du titre exécutoire de l’amende majorée ou condamnation définitive, selon la situation.

Vous pouvez vérifier votre solde de points sur le service officiel en ligne « Mes points permis ». Il est utile de consulter régulièrement votre dossier, surtout si vous avez reçu plusieurs avis de contravention ou si vous êtes en période probatoire. Une lettre informant du retrait peut également être envoyée à l’adresse enregistrée pour votre permis. Pensez à la mettre à jour en cas de déménagement.

Pour les conducteurs novices, la perte d’au moins 3 points à la suite d’une infraction commise pendant la période probatoire entraîne l’envoi d’une lettre recommandée, appelée lettre 48N. Elle impose de suivre un stage de sensibilisation à la sécurité routière dans le délai indiqué, généralement dans les quatre mois suivant sa réception. Ce stage permet de récupérer jusqu’à 4 points, dans la limite du capital maximal du permis.

Peut-on récupérer les points perdus ?

Oui, mais le délai dépend de votre situation. Pour une infraction entraînant le retrait de 4 points, le délai de récupération automatique peut atteindre 3 ans, à condition de ne commettre aucune nouvelle infraction entraînant un retrait de points pendant cette période. Le délai commence à courir à partir du moment où l’infraction est devenue définitive.

Il existe aussi la possibilité de suivre un stage volontaire de sensibilisation à la sécurité routière. Il permet de récupérer jusqu’à 4 points, dans la limite du plafond de votre permis, et sous réserve de respecter les conditions applicables, notamment la fréquence autorisée des stages. Un stage ne permet pas de dépasser le nombre maximal de points prévu pour votre permis.

Si votre solde est fragile, mieux vaut vérifier les règles et les délais avant de vous inscrire. Un stage est particulièrement utile pour prévenir une invalidation, mais il ne dispense ni de payer l’amende ni de respecter les décisions liées à l’infraction.

Un exemple concret

Imaginons Léa, titulaire d’un permis probatoire doté de 6 points. Elle ralentit à un stop, voit que la route semble vide et poursuit sa route sans immobiliser son véhicule. L’infraction est constatée. Elle risque une amende forfaitaire de 135 euros et le retrait de 4 points : son solde peut alors tomber à 2 points.

Comme elle a perdu au moins 3 points pendant sa période probatoire, elle peut recevoir une lettre 48N et devoir suivre un stage obligatoire dans le délai prévu. Le stage peut lui permettre de récupérer jusqu’à 4 points, sans dépasser le capital maximal auquel elle a droit. Son cas rappelle qu’un arrêt « presque complet » peut avoir des conséquences bien réelles.

Les bons réflexes à une intersection

À un stop, quelques secondes d’arrêt peuvent éviter une collision, une amende de 135 euros et la perte de 4 points. Le panneau n’est pas là pour ralentir votre trajet : il sert à rendre l’intersection plus sûre pour tout le monde. La prochaine fois que vous en apercevez un, prenez le temps de vous arrêter complètement. Votre permis — et les autres usagers — vous en remercieront.

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